Frères et sœurs bien-aimés,
Nous célébrons aujourd’hui la grande fête de la Divine Miséricorde. Cette fête n’est pas une simple dévotion parmi d’autres : elle a été voulue par Jésus lui-même, comme il l’a révélé à sainte Faustine en disant : « Je désire que le premier dimanche après Pâques soit la fête de ma miséricorde. »
À sainte Faustine, Jésus a fait une promesse extraordinaire, pleine d’espérance pour toute l’humanité : «Quiconque s’approche de la source de la vie – c’est-à-dire la Confession et la Communion – parviendra à la rémission totale des péchés et des châtiments. »
Et il ajoute encore : « L’humanité ne trouvera pas la paix tant qu’elle ne se tournera pas avec confiance vers ma Miséricorde. »
En ce dimanche, nous sommes donc invités à contempler, à accueillir et à glorifier l’infinie miséricorde de Dieu. La liturgie nous propose de méditer trois points essentiels.
1) Dieu est miséricordieux, et nous sommes les bénéficiaires de son pardon
Notre Dieu est un Dieu de miséricorde. Voilà la vérité fondamentale que cette fête nous rappelle avec force.
Pour comprendre jusqu’où va cette miséricorde, regardons les événements de la Passion de Jésus. Il a été trahi par Judas, renié par Pierre, abandonné par presque tous ses disciples. Au moment de l’épreuve – arrestation, jugement, condamnation – ceux qui avaient promis de rester fidèles se sont enfuis. Pierre, malgré ses belles paroles, l’a renié trois fois. Judas l’a livré. Les disciples n’ont même pas pris soin de son corps après sa mort ; heureusement, Nicodème et Joseph d’Arimathie étaient là.
Ce comportement est humainement répréhensible. Et si nous sommes honnêtes, nous devons reconnaître que nous aussi, à notre manière, nous trahissons, nous renions, nous abandonnons le Seigneur par nos péchés, nos faiblesses et nos infidélités.
Face à tout cela, que fait Jésus ressuscité ? Aurait-il pu leur faire des reproches ? Oui. Les condamner ? Certainement selon la logique humaine. Mais il ne le fait pas.
Au contraire, il vient au milieu d’eux alors qu’ils sont enfermés par peur. Il leur dit : « La paix soit avec vous. » Il ne rappelle pas leurs fautes. Il ne les humilie pas. Il leur donne la paix, il leur donne la joie, il leur donne l’Esprit Saint.
Voilà la miséricorde de Dieu : une miséricorde qui dépasse toute logique humaine, une miséricorde qui ne condamne pas mais relève, qui ne rejette pas mais accueille, qui ne rappelle pas le passé pour accuser, mais pour sauver.
Cette miséricorde est difficile à comprendre, car elle va jusqu’à pardonner même aux bourreaux. Souvenons-nous du bon larron sur la croix : « Jésus, souviens-toi de moi… » Et Jésus lui répond : « Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »
Pensons aussi à la patience de Jésus envers Thomas, qui doute. Jésus ne le rejette pas, mais il vient à sa rencontre.
Frères et sœurs, la question est simple : avons-nous confiance en cette miséricorde ?
2) Jésus nous invite à expérimenter sa miséricorde dans le sacrement de la réconciliation
Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus dit à ses apôtres : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis. »
Par ces paroles, Jésus institue le sacrement de la réconciliation et confie à l’Église le pouvoir de pardonner les péchés. Ce n’est pas seulement une belle idée : c’est une réalité concrète que nous sommes invités à vivre.
Dieu veut que chacun de nous fasse personnellement l’expérience de son pardon.
Mais une question importante se pose : nous approchons-nous avec confiance du sacrement de la confession?
Pour vivre une bonne confession, l’Église nous propose cinq étapes essentielles :
- Un examen de conscience sincère depuis la dernière confession ;
- L’aveu humble et complet de nos péchés, sans rien cacher volontairement ;
- Un regret profond de nos fautes ;
- La ferme résolution de ne plus recommencer ;
- L’accomplissement de la pénitence donnée par le prêtre.
Ce sacrement n’est pas un tribunal de condamnation, mais une rencontre de miséricorde. C’est là que Dieu nous relève, nous purifie et nous redonne la paix.
3) Nous sommes appelés à devenir miséricordieux comme Dieu
Enfin, frères et sœurs, nous ne pouvons pas garder la miséricorde pour nous-mêmes. Nous sommes appelés à la transmettre.
Jésus nous dit : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. » Et encore : « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. »
Chaque fois que nous prions le Notre Père, nous disons : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. »
Cela signifie que nous devenons des canaux de la miséricorde de Dieu.
Mais soyons réalistes : il est très difficile d’être miséricordieux si nous ne reconnaissons pas d’abord que nous avons nous-mêmes été pardonnés. Celui qui fait l’expérience de la miséricorde devient capable de pardonner à son tour.
Jésus a fait de son Église une communauté de miséricorde, une communauté appelée à être signe et instrument de réconciliation pour le monde.
Frères et sœurs, nous sommes donc envoyés pour être des artisans de paix, des témoins du pardon, des instruments de la miséricorde divine.
Que ce dimanche de la Divine Miséricorde ravive en nous la confiance en Dieu, nous rapproche du sacrement de la réconciliation, et fasse de chacun de nous un témoin vivant de son amour miséricordieux. Amen.
