«Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes: je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.»
Avec cette phrase introductive, Jésus nous anticipe ce qu’il voulait nous transmettre dans cet évangile. Jésus est venu, non pas pour abolir ou abroger la loi que le peuple juif a reçu de Dieu à travers Moïse (les 10 commandements) mais il est venu pour l’accomplir, c’est-à-dire de la porter à sa perfection, à sa plénitude.
Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. La justice de scribe et pharisien est l’observance extérieure de la loi, de la règle de conduite. Ce que Jésus demande est de passer d’une observance extérieure de la loi à une observance intérieure. L’observance disciplinaire et la conduite extérieure seulement ne suffit pas, mais il faut aller à la racine de la Loi, à l’esprit de la loi, visant surtout la raison d’être de la loi. Pour les disciples de Jésus, l’important ne sera plus de respecter à la lettre un code de conduite, mais de l’intérioriser.
« Vous avez appris qu’il a été dit (…) Eh bien ! Moi, je vous dis (…). Avec cette phrase Jésus introduit la perfection de la loi de Moise qu’il voulait apporter. Dans l’évangile d’aujourd’hui, il perfectionne le cinquième, le sixième et le deuxième commandement.
1) Perfection du cinquième commandement
Le cinquième commandement dit : tu ne commettras pas de meurtre, mais Jésus, pour perfectionner ce commandement, interdit non seulement de tuer physiquement la personne mais de se mettre en colère contre son frère, de l’insulter, de le mal traiter. Jésus va jusqu’à nous demander de le pardonner s’il a commis l’erreur contre nous, c’est-à-dire se réconcilier. Jésus veut nous faire connaitre les différentes manières de tuer la personne. On peut tuer quelqu’un sans enlever sa vie. Jésus nous rappelle ainsi que des paroles peuvent tuer : les calomnies, le harcèlement, les propos racistes sont un poison qui cause des dégâts importants. De même les médisances et la diffamation qui tuent la renommée et la dignité des personnes; la critique, la haine, le ressentiment, la rancune, la jalousie. Alors combien de fois, par jour, nous avons déjà tué quelqu’un ? Souvent nous ne tuons pas avec un fusil ou une épée, mais avec notre propre langue cultivant la calomnie et la malice contre notre prochain. En bref, à la lumière de l’enseignement de Jésus, pour observer le cinquième commandement, il ne suffit pas de ne pas enlever la vie de la personne mais il faut lutter contre toute forme de geste ou action qui nuire ou dévalorise la personne.
2) Perfection du sixième commandement
Le sixième commandement dit : tu ne commettras pas d’adultère, mais Jésus, pour perfectionner ce commandement nous dit : « tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur ». A la lumière de l’enseignement de Jésus il ne s’agit plus seulement de ne pas commettre l’acte d’adultère (en action), mais il faut éviter la pensée moleste, pensée morbide, un regard impur. Pour bien observer ce commandement, nous devons éduquer notre regard à la pureté, éviter le ra pensée dangereuse.
Jésus nous donne un grand enseignement pour pouvoir observer le sixième commandement: « Si votre œil droit est une cause de scandale pour vous, montez-le et jetez-le loin de vous. Nous devons fuir les prochaines occasions de péché. Il faut prendre distance à ce qui nous porte à pécher. Nous devons être déterminés à enlever de nos vies tout ce qui est dangereux pour la pureté de notre cœur. Par exemple: certaines fausses amitiés, certains divertissements dangereux, certains spectacles indécent.
3) Perfection du deuxième commandement
Le deuxième commandement nous enseigne à ne pas prononcer le Nom du Seigneur en vain : tu ne manqueras pas à tes serments, mais tu acquitteras de tes serments envers le Seigneur. De là, nous comprenons que jurer faussement va à l’encontre de ce précepte, car jurer signifie prendre Dieu comme témoin de ce que l’on dit. Les Juifs en étaient conscients et considéraient comme un grand péché de jurer faussement. Mais Jésus dit : « Ne jurez pas du tout, ni pour le ciel, car c’est le trône de Dieu, ni pour la terre. Que votre parole soit oui, si c’est oui, et non si c’est non. Ce qui est en plus vient du Mauvais.
En bref, Jésus nous enseigne à ne pas nous limiter à une simple observation extérieure de la loi, mais de l’observer intérieurement.
