Homélie du 14/12/2025, 3eme dimanche de l’avent année A 2025

Aujourd’hui, nous célébrons le dimanche Gaudete, troisième dimanche de l’Avent, un jour qui nous invite à nous réjouir. Gaudete signifie « réjouissez-vous » en latin, et notre liturgie nous rappelle que même au milieu des épreuves, le Christ est proche. Ce dimanche nous invite à une joie patiente, le genre de joie qui ne dépend pas de notre situation, mais qui repose sur la certitude de la présence et des promesses de Dieu.

Le prophète Isaïe, dans notre première lecture, brosse un tableau vivant de cette joie. Même le désert et les terres arides fleuriront, les aveugles verront, les sourds entendront, les boiteux marcheront et les pauvres recevront la bonne nouvelle. La venue de Dieu apporte la restauration, la guérison et l’espoir. Ces promesses ne sont pas lointaines ; elles sont une réalité présente pour ceux qui font confiance et attendent patiemment le Seigneur.

Le pape François nous rappelle dans Evangelii Gaudium que la vraie joie vient de la rencontre avec Jésus, et non des plaisirs éphémères que le monde offre. La joie du monde est souvent liée aux possessions, au statut social ou à la gratification immédiate, laissant les cœurs vides et agités. En revanche, la joie de l’Évangile remplit les cœurs de paix, de générosité et d’espoir, même dans l’adversité.

Le pape Léon XIV a également souligné l’importance de la joie : « La joie ne signifie pas l’absence de souffrance ». Cette affirmation nous rappelle de manière radicale que la vraie joie peut coexister avec les épreuves de la vie et que les épreuves peuvent approfondir notre espérance. La vraie joie peut exister même au milieu des blessures, lorsque nous ancrons notre cœur en Dieu.

Saint Jacques, dans la deuxième lecture, nous enseigne que la patience est la clé de la joie. Lorsque nous sommes confrontés à des épreuves, à l’injustice ou à la souffrance, nous sommes appelés à endurer, à persévérer et à attendre avec confiance l’intervention du Seigneur. Jean-Baptiste est un modèle de cette joie et de cette patience. Emprisonné et persécuté, il n’a pas désespéré. Il a envoyé des messagers à Jésus et a reçu la confirmation de la bonne nouvelle : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et la Bonne Nouvelle est proclamée aux pauvres. C’est la joie du Seigneur, celle qui ne peut être enlevée par les circonstances.

 Pour nous, la joie patiente signifie remplacer les plaintes par la réjouissance, l’inquiétude par l’espoir et le désespoir par la confiance. C’est une joie qui grandit lorsque nous nous concentrons sur la vérité de Dieu, que nous communions avec lui dans la prière et que nous nous soutenons les uns les autres en tant que communauté de croyants.

En cette période de l’Avent, cultivons des cœurs capables de se réjouir même dans l’attente, des cœurs capables de trouver le Christ dans l’ordinaire et dans le difficile, des cœurs qui témoignent de l’espérance de l’Évangile.