Homélie du 33e dimanche du temps ordinaire, année C
Alors que nous approchons de la fin de l’année liturgique, l’Église attire notre attention sur les choses qui durent vraiment. Les paroles de Jésus dans l’Évangile d’aujourd’hui sont audacieuses et troublantes.
Les gens admirent la beauté du Temple, sa force, sa splendeur, et puis il dit : « Les jours viendront où il ne restera pas pierre sur pierre ». Imaginez le choc ! Jésus ne cherche pas à nous effrayer. Il nous invite à faire confiance à ce qui perdure lorsque tout le reste s’effondre. Il nous rappelle que les bâtiments tombent, les systèmes échouent et les empires disparaissent.
Cependant, la foi, l’espérance et l’amour durent éternellement. Nous aussi, nous vivons dans un monde qui semble souvent instable. Les guerres, la maladie, la trahison, la perte et la pauvreté touchent tous les aspects de la vie. Dans des moments comme ceux-ci, nous pouvons nous demander : où est Dieu ? Pourtant, Jésus nous dit : « C’est par votre persévérance que vous sauverez vos âmes » (Luc 21, 19). Cette seule phrase renferme le secret de l’espérance chrétienne. L’espérance n’est pas un optimisme naïf. Elle ne consiste pas à prétendre que tout va bien. La véritable espérance naît de l’endurance, du fait de s’accrocher à Dieu même lorsque le sol tremble sous nos pieds. Elle consiste à dire : « Seigneur, je ne comprends pas, mais je te fais confiance ».
Aujourd’hui, nous célébrons également la Journée mondiale des pauvres, qui nous rappelle que les pauvres ne sont pas en dehors de l’Évangile, mais plutôt en son cœur même. Le pape Léon XIV écrit magnifiquement : « Il existe un lien indissoluble entre notre foi et les pauvres… Les pauvres sont au cœur de l’Église » (Dilexi Te, 36, 111). Dans les pauvres, nous rencontrons le Christ qui s’est fait pauvre pour nous. Les pauvres nous enseignent comment espérer. Ils vivent chaque jour les mains ouvertes, confiants que Dieu pourvoira à leurs besoins. Ils nous rappellent que notre vie ne dépend pas de nos possessions, mais de la promesse de Dieu. Leur foi remet en question notre confort et ravive notre compassion.
Ainsi, lorsque Jésus parle de destruction et de chaos, il ne prédit pas la peur ; il proclame la liberté. Il nous dit de ne pas nous accrocher à ce qui passe, mais de construire notre vie sur ce qui ne peut être détruit. Quand tout le reste s’écroule, restez fermes dans la foi. Quand les ténèbres s’épaississent, laissez votre espoir briller plus fort. Alors que l’année liturgique touche à sa fin, Jésus murmure à nouveau : Persévérez. Gardez les yeux fixés sur moi. Car un jour, tout ce qui est brisé sera renouvelé, et l’amour que vous avez maintenu vivant à travers toutes les épreuves ne mourra jamais.
