Homélie du 26/10/2025

Homélie pour le 30e dimanche du temps ordinaire, année C, 26 octobre 2025 

L’Évangile d’aujourd’hui présente deux personnages très différents : le pharisien et le collecteur d’impôts. Le pharisien se tient debout avec assurance, racontant ses jeûnes et ses aumônes, et jugeant ceux qui l’entourent. Le publicain, quant à lui, reste à l’arrière, se frappant tranquillement la poitrine et murmurant : « Dieu, aie pitié de moi, qui suis un pécheur ». 

Jésus surprend ses auditeurs : c’est le pécheur humble qui rentre chez lui justifier, et non le pharisien orgueilleux. Chers amis, l’humilité est essentielle dans notre relation avec Dieu. La première lecture nous dit : « La prière de l’humble traverse les nuages » (Siracide 35, 12-14, 16-18). L’humilité nous permet de nous voir tels que nous sommes, de reconnaître nos faiblesses et d’ouvrir notre cœur à la grâce de Dieu.

Isaïe nous le rappelle : « J’habite avec celui qui a l’esprit contrit et humble » (Isaïe 57, 15). Dieu écoute le cœur qui reconnaît ses limites et implore sa miséricorde. L’orgueil, en revanche, nous aveugle. Les Proverbes nous avertissent : « L’orgueil précède la ruine, et l’esprit hautain précède la chute » (Prov 16, 18). L’orgueil juge, condamne et nous éloigne de Dieu. L’humilité, en revanche, attire sa faveur. Dieu ne nous demande pas de nous rabaisser ou de désespérer ; au contraire, l’humilité est le chemin qui mène à être élevé par Lui. Comme l’enseigne saint Augustin : « C’est l’orgueil qui a transformé les anges en démons ; c’est l’humilité qui rend les hommes semblables aux anges. » Même le roi Josias a fait l’expérience de cette vérité : « Parce que tu t’es repenti et que tu t’es humilié devant Dieu… Je t’ai entendu, dit le Seigneur » (2 Chroniques 34:27). Une repentance humble ouvre le cœur de Dieu à la miséricorde et à la transformation.

Le pape Léon XIV nous rappelle : « Dieu nous aime, Dieu vous aime tous, et le mal ne prévaudra pas. Nous sommes tous entre les mains de Dieu. » La véritable humilité est enracinée dans la confiance : tout remettre entre les mains de Dieu et s’en remettre à sa sagesse. Jacques fait écho à ce principe divin : « Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles » (Jacques 4, 6). Le collecteur d’impôts en est un magnifique exemple : il n’énumère pas ses réalisations et ne se compare pas aux autres. Il ouvre simplement son cœur à Dieu : « O Dieu, aie pitié de moi, qui suis un pécheur. » L’humilité n’est pas une faiblesse ; c’est la force de reconnaître la vérité, d’inviter la miséricorde de Dieu et de recevoir sa grâce. Les orgueilleux parlent à eux-mêmes ; les humbles parlent à Dieu.