La voix qui dérange et qui sauve

Dans la langue vietnamienne, on dit : « La grenouille meurt à cause de sa gueule. » Autrement dit : « Se taire protège la vie, parler trop attire le malheur. » Dans l’existence, il est parfois nécessaire de garder le silence pour vivre en paix. Cela est d’autant plus vrai dans les pays privés de liberté de presse et de parole. Mais il arrive aussi que le silence soit impossible : il faut parler, dénoncer, avertir, se battre pour la vérité et la justice, quitte à y perdre la vie.

Jean-Baptiste en est l’exemple éclatant. Sa parole lui a coûté la mort. Il dénonçait l’injustice, le mal et le péché, et sa voix dérangeait ceux qui s’y complaisaient. Elle résonnait jusque dans les cœurs des Judéens et des habitants des alentours : « Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui. » Elle vibrait jusque dans la conscience du roi Hérode, l’obligeant à s’interroger sur ses actes. Elle troublait aussi Hérodiade, incapable de trouver la paix intérieure.

La voix de Jean-Baptiste dévoilait le mal des hommes, rappelait les péchés des cœurs, jugeait l’injustice de la société. Et cette voix, puissante et libre, a conduit beaucoup à la conversion, sur le chemin de la vérité. Car lorsqu’un cœur se convertit, Dieu vient y habiter.

En ce temps de l’Avent, la question demeure :

  • Est-ce que la voix de l’Évangile résonne en moi, dans ma conscience ?
  • Est-ce que j’entends l’appel à la conversion ?
  • Est-ce que je prépare mon cœur à recevoir Dieu ?

En ce temps de l’Avent, la voix de Jean-Baptiste nous rappelle que la vérité dérange mais libère. Oser l’écouter, c’est préparer notre cœur à accueillir Dieu.

Père J-M Vo Ta Sam