Le Christ Roi : force dans l’humilité

         « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » Lc 23, 37

Le Christ est bien notre Roi. Mais ce Roi n’est pas couronné d’or ni entouré de soldats. Ce n’est pas un roi qui impose sa force par les armes ou la richesse. Notre Roi est humilié, cloué sur une croix, moqué par les passants.

Alors surgit la question, simple mais profonde, que posent les enfants et les débutants dans la foi : « Si Jésus est vraiment le Fils de Dieu, pourquoi ne descend-il pas de la croix ? Pourquoi accepte-t-il de mourir ? » Ces questions, loin d’être naïves, nous obligent à redécouvrir la vraie puissance de Dieu.

« Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix ! » La logique humaine répond : oui, il devrait descendre. Mais pour Jésus, descendre était trop facile. Alors il ne l’a pas fait.
« Si tu es le Fils de Dieu, sauve-toi toi-même et nous avec ! » Humainement, on voudrait prouver sa puissance pour convaincre. Mais pour le Christ, cela était de l’égoïsme.

Tous se moquent de ce Roi : les chefs religieux, les soldats, même le voleur. Mais la moquerie n’a pas détourné le Christ : il a obéi à son Père. Voilà la toute-puissance de Dieu ! La puissance de Dieu, c’est obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes, c’est affronter la difficulté et refuser la facilité.

Aujourd’hui encore, les chrétiens sont persécutés, les églises profanées, les croyants calomniés. Aux yeux du monde, les disciples du Christ paraissent mous, comme s’ils se laissaient égorger. Oui, c’est vrai ! Mais c’est cela la puissance que le Christ nous a montrée : tendre la joue gauche après avoir été frappé sur la droite ; donner la tunique après qu’on nous a pris le manteau ; mourir pour la justice ; accepter de perdre sa vie pour le Christ et pour les autres.

En cette fête, apprenons de notre Roi la capacité de vivre pour les autres et pour notre salut. Demandons à Dieu la puissance divine qui nous permet de choisir le chemin le plus difficile, d’éviter les « si » et les « n’est-ce pas » douteux, et de dire comme le bon larron : « Nous recevons ce que nous méritons », et d’implorer Jésus : « Souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » Amen.

Père J-M Vo Ta Sam