Tonnay-Charente – Église Saint-Étienne et Saint-Nicolas
Rue Bertrand Richard, 17430 Tonnay-Charente
L’église Saint-Étienne, dédiée également à Saint-Nicolas, possède une histoire marquée par les destructions, les reconstructions et les évolutions architecturales successives.
Détruite en grande partie en 1580 par les troupes protestantes, l’église fut restaurée entre 1588 et 1594. À cette époque, bien que les bases des futures voûtes aient été posées, celles-ci ne furent jamais achevées. En attendant, une charpente provisoire fut installée, reposant sur de simples piliers équarris, donnant à l’intérieur l’allure d’une vaste grange solidement étayée. L’extérieur, quant à lui, offrait une silhouette plus monumentale, avec deux pignons élancés dominant les extrémités du bâtiment. Le clocher fut également reconstruit à cette époque, mais sa flèche, ainsi que les deux pignons, furent emportés au XVIIIᵉ siècle lors d’un violent ouragan.
À l’origine, l’église se composait d’une seule nef en forme de croix, avec un chevet situé dans l’actuelle chapelle de la Vierge, et une chapelle latérale formant bras opposé à la tour carrée. Une première campagne de restauration eut lieu au XIIIᵉ siècle : la vieille tour carrée fut alors surélevée d’un étage et coiffée d’une flèche fine et élégante. Cette dernière fut détruite lors d’une attaque des troupes calvinistes en 1560, marquant un nouvel épisode de destruction.
La reconstruction de l’église fut reprise entre 1588 et 1594. Des traces de cette période demeurent encore aujourd’hui : les ouvriers y ont gravé les dates et leurs monogrammes de compagnonnage, visibles sur plusieurs pierres.
À la nef originelle furent ajoutées une nef centrale et une nef méridionale. En 1723, une partie de la charpente s’effondra. C’est sans doute à cette époque qu’un violent ouragan projeta dans la cour du presbytère le pignon oriental de l’église.
Le clocher conserve deux cloches : l’une, plus ancienne, installée en 1741, et la « grosse cloche », montée en 1861.
En 1831, la décision fut prise d’édifier les voûtes de l’église. Celles-ci reposent sur deux rangées de colonnes de style grec : des fûts cylindriques cannelés posés sur des piédestaux carrés.
Parmi les ajouts notables :
-
1850 : ouverture de la chapelle des Âmes du Purgatoire, creusée dans le mur sud.
-
1894 : création de la grande rosace (diamètre : 3,50 m) dans la nef. Le médaillon central illustre le martyre de Saint-Étienne, patron de la paroisse.
-
1894 : installation d’un chemin de croix en terre cuite, provenant des ateliers Giscard de Toulouse.
-
1887 : le maître-autel, de style Louis XIV — selon la tradition provenant de la chapelle des Capucins — est redoré.
-
1816 : acquisition d’une précieuse copie de La Descente de Croix de Rubens, récemment restaurée.
-
1831 : un instrument appelé « mille accords » est installé dans la tribune (actuellement hors d’usage).
Selon la coutume ancienne, plusieurs personnalités ont été inhumées à l’intérieur même de l’église. Une table funéraire en marbre noir, autrefois placée devant les fonts baptismaux, se trouve désormais à l’entrée du chœur.
Enfin, en 1873, les deux grandes baies gothiques du sanctuaire de la Vierge et de Saint-Joseph ont été rouvertes. Elles encadrent aujourd’hui de superbes verrières et sont ornées de meneaux du XVIᵉ siècle.