venez à moi

Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau,
et moi, je vous procurerai le repos.
 

Le hasard, qui fait souvent bien les choses, a voulu que cette parole de Jésus nous soit donnée liturgiquement en ce 1er dimanche des grandes vacances scolaires.
Mais où rencontrer Jésus pour trouver en lui le repos ?
—————– 
Certains passent leur vie en pensant que l’herbe est plus verte ailleurs. Qu’ils seraient mieux ailleurs, plus heureux ailleurs.
D’autres regrettent toute leur vie d’être nés au mauvais moment, à la mauvaise époque : c’était tellement mieux avant ; ce sera tellement bien plus tard.  

Et spirituellement parlant, c’est la même chose.
« C’était plus facile de croire avant. » « Regarder la foi simple, naïve et heureuse des gens des pays pauvres. » « Il faudrait que… »  

Du coup, de même que certains ne cherchent à vivre heureux que le temps de leurs vacances : ailleurs, au loin ; de même certains ne vivent leur foi que de temps en temps : en vacances ou dans un monastère.

C’est déjà cela. C’est déjà bien.
Et de même que l’on rapporte avec soi de voyage quelques souvenirs, on peut aussi rapporter avec soi un peu de foi. Mais le tout risque fort d’être rapidement classé, mis sous vitrine, rangé avec nostalgie puis oublié à la poussière…  

Or le bonheur, la joie, la foi, JÉSUS, ne sont pas à chercher ailleurs mais à accueillir ici et maintenant.
En Jésus, Dieu ne s’est pas fait exceptionnel mais ordinaire.
Il n’est plus par-delà les étoiles et réservé aux aventuriers ou aux savants ; il est là, tout simplement là.  

« Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange :
ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.

  ************
St Augustin en a fait l’expérience. Il l’a cherché en vain aux quatre coins de l’empire, dans les sciences et les diverses philosophies de son temps. Et c’est quand il y a renoncé qu’il l’a trouvé.  

« voilà la vie heureuse, se réjouir en vous, de vous et pour vous; la voilà, il n’en est point d’autre. La placer ailleurs, c’est poursuivre une autre joie que la véritable. »  Confessions XXII
« Je vous ai aimée tard, beauté si ancienne, beauté si nouvelle, je vous ai aimée tard. Mais quoi! vous étiez au dedans, moi au dehors de moi-même; et c’est au dehors que je vous cherchais; et je poursuivais de ma laideur la beauté de vos créatures. Vous étiez avec moi, et je n’étais pas avec vous; retenu loin de vous par tout ce qui, sans vous, ne serait que néant. »  XXVII
  ———————-
Le hasard fait parfois bien les choses : ainsi fit-il en nous donnant l’Evangile d’aujourd’hui pour ce début des vacances d’été.
Le hasard faut parfois bien les choses.
La grâce, elle, fait de toutes choses un bien. Même d’un confinement ou d’un été coincé sur place…  

Ro 8.28 Nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien