au nom de Dieu

‘Veux-tu donc que nous allions l’enlever ?’  

Dans cette parabole de Jésus à propos du Royaume des cieux, un homme, allégorie de la divinité, a semé du bon grain, sans doute après avoir longuement travaillé son champ.
Son ennemi, métaphore du diable, s’en mêle pour semer à son tour de l’ivraie.
Alors, les serviteurs du maître, autrement dit des fidèles envers Dieu, se proposent d’intervenir pour arracher eux-mêmes la mauvaise herbe.

Le maître leur dit cependant de n’en rien faire car ils feraient plus de mal que de bien, et reporte la charge pour plus tard et sur les moissonneurs… or, nous dit Jésus dans son explication de texte, « les moissonneurs, ce sont les anges. » et non pas nous.
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C’est Dieu qui a créé le monde et qui le gouverne comme nous l’a rappelé le livre de la Sagesse :
Ta force est à l’origine de ta justice, et ta domination sur toute chose
[.] toi qui disposes de la force, tu juges avec indulgence, tu nous gouvernes
 

Nous ne sommes que ses serviteurs.
Cependant, en Jésus, nous ne le sommes pas comme des esclaves serviles mais plutôt comme des amis cherchant à prendre leur part du service commun. Cf Jn15.15  
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Comme des invités qui ne resteraient pas constamment vissés dans leur fauteuil mais se lèveraient spontanément pour aider un peu au service.  
Cependant, un certain malaise pourrait s’installer si au lieu de prendre tranquillement l’apéro, les invités, par exemple une belle-mère, se mettaient à passer la serpillère, repasser le linge, faire la poussière au-dessus des meubles…  La maîtresse de maison pourrait se vexer…
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S’adressant au maître à propos de l’ivraie :
Les serviteurs lui disent : ‘Veux-tu donc que nous allions l’enlever ?’  

Ils partent d’un bon sentiment. Ils veulent bien faire. Ils veulent aider le maître.
Cependant tel n’est pas leur rôle.  

Jn4.37  Il est bien vrai, le dicton : “L’un sème, l’autre moissonne.”  

En l’occurrence, selon la parabole d’aujourd’hui, Dieu a semé et ce sont les anges qui moissonneront.
Quant au travail des serviteurs, l’évangile ne le précise pas : à chacun de trouver et de faire ce qu’il a à faire, sans se prendre ni pour Dieu ni pour un ange.  
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L’histoire ne manque malheureusement pas de bonnes volontés pour Dieu et entrainant les pires horreurs : guerres saintes, conversions forcées, buchers…
C’est à force d’agir ainsi soi-disant au nom de Dieu, on a fait de « nom de Dieu » un juron !
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Frères, l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse,  

Soyons donc de vrais enthousiastes i.e. étymologiquement soyons véritablement nous en Dieu et lui en nous pour que « sa volonté soit fête » !