C’est le fruit qui manifeste la qualité de l’arbre
À quelques jours de l’entrée en Carême, les textes bibliques de ce dimanche nous proposent un chemin de conversion. Ils nous invitent au discernement et à l’humilité.
L’image de l’arbre et de ses fruits, si présente dans les lectures de ce dimanche, nous parle de l’essence même de notre existence, de la cohérence entre ce que nous sommes et ce que nous manifestons. Cette image de l’arbre et de ses fruits est une invitation à la conversion. Elle nous rappelle que nous ne pouvons pas nous contenter d’une façade, d’une apparence de piété ou de vertu. Nous sommes appelés à porter des fruits dignes de notre vocation de chrétiens, des fruits d’amour, de justice, de paix, de miséricorde.
Ben Sira, avec sa sagesse pragmatique, nous met en garde contre les apparences car les apparences peuvent être trompeuses. Ben Sira nous rappelle que les mots peuvent être vides de sens, que les discours peuvent masquer des intentions obscures. « Le fruit de l’arbre révèle comment on l’a cultivé, de même la parole révèle les pensées du cœur de l’homme. » Nos paroles, nos actions, nos choix, sont les fruits de notre être intérieur. Ils dévoilent ce qui habite nos cœurs, nos motivations profondes, nos valeurs.
Et dans l’évangile, Jésus nous confronte à nos contradictions, à nos hypocrisies. Là, il nous invite à cultiver la vertu d’humilité et nous met en garde contre le danger de vouloir corriger les autres alors que nous sommes aveuglés par nos propres défauts. « Un arbre bon ne donne pas de fruit pourri ; jamais non plus un arbre qui pourrit ne donne de bon fruit. » Il nous appelle à l’authenticité, à la cohérence entre nos paroles et nos actes et nous invite à nous examiner avec honnêteté, à reconnaître nos faiblesses, nos limites, nos péchés.
Sommes-nous conscients de la puissance de nos paroles ? Savons-nous qu’elles peuvent blesser ou guérir, construire ou détruire ? Cultivons-nous un langage de vérité, de bienveillance et de miséricorde ? Ou laissons-nous nos paroles être empoisonnées par l’amertume, la jalousie, le jugement ?
Contre l’hypocrisie, Jésus nous interpelle avec des images fortes : « l’aveugle qui guide un aveugle, la paille dans l’œil du frère et la poutre dans le nôtre ». Il nous rappelle que nous ne pouvons pas prétendre guider les autres si nous sommes nous-mêmes égarés. Ne jugeons pas les autres si nous sommes aveugles à nos propres défauts.
Jésus nous appelle à porter de bons fruits, des fruits d’amour, de compassion, de justice. « Un bon arbre ne donne pas de mauvais fruits, ni un mauvais arbre ne donne de bons fruits. Chaque arbre se reconnaît à son fruit. » Nos actions doivent être le reflet de notre foi et de notre amour pour Dieu et pour notre prochain. Sommes-nous des arbres qui portent des fruits de service, de générosité, de pardon ? Ou nos actions sont-elles motivées par l’égoïsme, l’orgueil, la cupidité ?
La parabole de l’arbre et de ses fruits nous invite à une conversion constante. Elle nous rappelle que notre vie est un cheminement, un processus de croissance et de transformation. Nous sommes appelés à examiner nos cœurs, à reconnaître nos faiblesses, à demander à Dieu de nous aider à porter de meilleurs fruits. La qualité de l’arbre ne se mesure pas à son apparence extérieure, mais à la saveur de ses fruits. De même, la qualité de notre vie chrétienne ne se mesure pas à nos paroles ou à nos actions extérieures, mais à la sincérité de notre cœur et à la profondeur de notre amour ; à la façon dont nous aimons Dieu et nos frères et sœurs.
Frères et sœurs, laissons-nous interpeller par ces paroles de sagesse. Demandons à Dieu de nous aider à purifier nos cœurs, à cultiver de bons fruits, à être des témoins fidèles de son amour dans le monde. Que nos paroles et nos actions soient le reflet de sa présence en nous, afin que nous puissions contribuer à construire un monde plus juste, plus fraternel, plus humain. Le Seigneur soit avec vous.
