Saint Philippe Néri et l’oratoire

« Le saint de la joie ! » ; « le deuxième apôtre de Rome ! »

Qui est saint Philippe Néri ?

Saint Philippe est né à Florence en 1515. Il quittera cependant sa ville natale à 16 ans sans jamais y revenir. De Florence, il a conscience d’avoir reçu une foi solide et vivante grâce notamment aux dominicains du couvent San Marco. Il en garde également un amour brulant de Jésus et cet humour si caractéristique !

Après être passé brièvement chez son oncle, il arrive à Rome en 1532. Il trouve une ville traumatisée par le sac de 1527 et meurtrie dans sa foi ! Il commencera sa vie romaine comme ermite pendant environ 10 ans. Il est logé chez un florentin en échange d’un travail d’éducation de ses enfants. Philippe prie beaucoup et passe le plus claire de son temps entre le soin des malades à l’hôpital St Jacques et la prière. Il suivra également quelques cours de philosophie et de théologie.

Il aime passer la nuit dans les catacombes de saint Sebastien, près des martyrs. Ces saints qui ont donné leur vie par amour du Christ. C’est là où il vivra l’évènement le plus marquant de sa vie mystique le jour de la pentecôte 1544. « Philippe avait aussi pour habitude quotidienne de prier spécialement le St Esprit et de lui demander en toute humilité ses grâces et ses dons….Tandis qu’il priait ainsi un jour de l’an 1544 avec grande ardeur, il sentit soudain dans son cœur une telle explosion du grand amour du St Esprit qui le submergeait, que le cœur se mit à battre si fort dans sa poitrine qu’on pouvait l’entendre du dehors.» Cette expérience de l’amour emplit Philippe d’une joie folle,      «une joie qui lui vient toute entière de l’amour de Dieu.»

Encore laïc, Philippe va travailler malgré lui à la réévangélisation de Rome devenue païenne dans ses moeurs. Il cherche simplement à suivre ce que lui dit son coeur, inspiré par le Saint Esprit. C’est par sa pureté et sa vérité qu’il attire irrésistiblement. C’est sa simplicité et sa charité qui gagneront les coeurs. « Sa scandaleuse méthode fera de lui l’apôtre victorieux de la Rome paganisée » (Louis Bouyer).

Philippe n’impose rien, il suggère et se rend disponible à tous. Il sera tout à tous, et particulièrement à la jeunesse perdue de cette Rome paganisée. Il se fait accessible et son simple contact transforme ceux qui l’approche et dont il se fait, à l’exemple de son maître, l’ami et non le maître !

Quelques repères :

1515 : naissance à Florence ;

1530 : il quitte Florence pour aller chez son oncle au pied du mont Cassin (bénédictins) ;

1532-33 : arrivée à Rome. Il commence une vie d’ermite ;

1544 : la « pentecôte de st Philippe » dans les catacombes de saint Sébastien. Dans les années qui suivent, il commence son apostolat à travers notamment le service des malades et l’adoration;

1551 : ordonné prêtre. Il célèbre la messe et confesse à St Jérôme de la Charité.

1552 : commencement de l’oratorio laïc avec 8 jeunes ;

1554 : l’oratorio grandit et se transfert de sa chambre aux combles de St Jérôme ;

1559 :  période de troubles et de calomnies. Des enquêtes sont menées à son encontre ;

1565 : les premiers prêtres issus de l’oratorio se mettent au service des laïcs à condition de vivre avec Philippe ;

1575 : Grégoire XIII fonde la congrégation de l’oratoire en leur confiant ce qui deviendra la chiesa nuova (une fois reconstruite) ;

26 mai 1595 : mort de St Philippe.

 

La fondation de l’Oratoire

En 1551, Philippe finit par accepter d’être ordonné prêtre. Il continue d’attirer et un petit groupe commence à se former autour de lui pour partager la parole de Dieu, la vie des saints et recevoir ses conseils. Philippe cherche la conversion et la sanctification des cœurs. Il transmet à ses nouveaux fidèles le fruit de sa propre expérience spirituelle à travers la prière silencieuse, sa grande dévotion à l’Esprit Saint et à la Vierge Marie ou encore les prières jaculatoires. C’est l’oratorio qui naît. La charité est au centre et attire de plus en plus de monde ce qui entraînera le transfert de la chambre du saint aux combles de l’église Saint Jérôme où Philippe sera en fonction pour célébrer la messe et confesser depuis son ordination. A son contact, la sainteté semble contagieuse ! Par sa vie et ses paroles, il invite à rejeter le péché et à choisir le bien, chacun selon sa grâce propre. L’oratorio grandit si bien que Philippe encourage quelques-uns de ses « disciples » à devenir prêtre et à se mettre au service de l’oratorio. Ces derniers acceptent à la condition que Philippe vive avec eux. C’est l’embryon de la congrégation de l’Oratoire.

 

C’est en 1575 que le pape Grégoire XIII accède à la demande de Philippe de lui confier une église pour l’oratorio. Le pape confie Sainte Marie de la Valicella à Philippe et à «congrégation de prêtres et de clercs séculiers nommée de l’Oratoire». La congrégation de l’Oratoire est née ! Après une reconstruction conduite par Philippe, l’église deviendra la chiesa nuova. Après avoir longtemps refusé, le pape obtient de Philippe de quitter lui aussi Saint Jérôme et de s’établir avec la congrégation à la chiesa nuova. Cependant, il restera assez solitaire. Il ne peut plus célébrer en public car il tombe chaque fois en extase. Il est également obligé de se distraire lorsqu’il prêche l’amour de Dieu pour ne pas tomber en extase. C’est ce qui, mêlé à son grand humour naturel, entraînera ce côté si facétieux qu’on lui connait. Il faut ajouter à cela qu’il ne supportait pas d’être pris pour un saint !

Rassemblement des Oratoriens français de St Philippe Néri à Dijon !

Il continuera à recevoir et à confesser dans sa chambre jusqu’à ce 26 mai 1595 où le cœur ardant de Philippe rejoindra définitivement le cœur brulant d’amour de celui qu’il a tant aimé !