Invités à être des « Pèlerins de l’espérance »

Le numéro de mai du journal paroissial « Au Fil de l’Antenne » vient de paraitre. En voici l’éditorial :

Cette année 2025 est marquée par une invitation du pape François à être des « Pèlerins de l’espérance » et sa lettre d’invitation commence par ces mots : « L’espérance ne déçoit pas » selon l’apôtre Paul (épître aux Romains 5,5).

Dans l’éditorial du Fil de l’Antenne de janvier 2025, je commentais plusieurs éléments de la lettre de François sur le terme « espérance ». Aujourd’hui, arrêtons-nous sur les mots « Pèlerin » et « Pèlerinage » et j’emprunte un texte du livret de préparation du pèlerinage jubilaire en doyenné qui, pour notre doyenné, se déroulera le dimanche 1er juin après-midi (voir affiche) 

Sens du pèlerinage

Pour le croyant, le pèlerinage est réponse à l’initiative divine et il a toujours eu le sens d’un ressourcement, d’une marche vers le plus précieux de la vie :

« Le Seigneur dit à Abraham : Va vers le pays que je te montrerai. » (Gn 12, 1).

Il se vit aujourd’hui de la même manière dans la foi, la vie de l’Eglise et la vie fraternelle. Il peut-être aussi l’occasion privilégiée d’une démarche de conversion personnelle et collective, d’un temps de prière et de pénitence, tout spécialement dans la cadre de l’Année jubilaire. La démarche de pèlerinage manifeste concrètement le signe que la vie chrétienne et l’Eglise sont en chemin vers le Royaume de Dieu. Ainsi il nous est proposé de vivre l’inattendu de la Rencontre avec les autres et avec Dieu, de choisir un chemin de conversion qui nous est proposé, de partir vers un lieu qui fait signe de la Promesse avec d’autres croyants qui portent ce même désir.

Comme le rappelle le Catéchisme de l’Eglise Catholique, « les pèlerinages évoquent notre marche sur terre vers le ciel. Ils sont traditionnellement des temps forts de renouveau de la prière. Les sanctuaires sont, pour les pèlerins en quête de leurs sources vives, des lieux exceptionnels pour vivre « en Église » les formes de la prière chrétienne », ce qui consonne très fort à ce qu’écrivait saint Jean-Paul II aux recteurs des sanctuaires français janvier 1981 : « Toujours et partout, les sanctuaires chrétiens ont été ou ont voulu être des signes de Dieu, de son irruption dans l’histoire humaine. Chacun d’eux est un mémorial du mystère de l’Incarnation et de la Rédemption. »

Le pèlerinage est un temps de grâce pour le pèlerin, ne serait-ce que l’espace d’une journée où il va pouvoir consentir à se dépouiller de fausses images de Dieu et de l’homme (y compris de soi), alors que le piège consisterait à les garder. Le pèlerin se dépouille même de l’orgueil d’avoir fait cette démarche spirituelle, alors que le piège consisterait à s’en vanter. Il se dépouille d’attachements à des habitudes ou à des rites qui ne sont pas essentiels, alors que le piège consisterait à les intensifier.

C’est véritablement l’expérience de ce dépouillement dont parle saint Jérôme :

« Suivre dépouillé le Christ dépouillé ». Beaucoup plus tard, saint Jean de la Croix parlera du rien, du vide qui est indispensable pour rencontrer Dieu. Le pèlerinage offre un symbole d’expérience spirituelle croyante. Car pour retrouver cette ouverture où nos certitudes ne sont pas encloses dans des assurances finalement très fixistes, le déplacement rend libre. Il s’agit bien de cette « suite du Christ » dont parlent les premiers textes chrétiens depuis l’Evangile :

« Si quelqu’un m’aime, qu’il vienne à ma suite. » La suite du Christ est la définition même du pèlerinage. Ceci amène certains auteurs spirituels à considérer que toute l’histoire d’une vie croyante est un pèlerinage.

Guy Auburtin, Evelyne Petit, Patrick Bonneau et Suzy Favreau

Curé et membres de l’équipe pastorale de la paroisse du Pays de Matha