Le mal c’est de ne pas construire l’avenir avec Dieu !
La foi est un combat qui appelle le chrétien au courage
L’homme qui cherche Dieu est appelé à la sainteté !
Le mal c’est de ne pas construire l’avenir avec Dieu !

Le psaume 145 est un psaume de louange. Israël rend grâce à Dieu pour sa protection. Il a connu l’oppression en Egypte, à Babylone… Le psalmiste nous rappelle que le secret du bonheur se trouve en Dieu, il faut se reposer en lui, s’appuyer sur lui. Pour cela, il faut que l’homme, avec humilité, reconnaisse sa dépendance, il ne maîtrise pas tout. N’est-ce pas le drame de l’homme contemporain de s’en remettre à lui seul ? La culture ambiante ne nous pousse-t-elle pas à l’orgueil de vouloir tout maîtriser, sa carrière, sa vie affective, ses enfants ? Ne fait-elle pas de l’homme un petit dieu ?

Le psaume exprime la reconnaissance d’un peuple que Dieu a emmené toujours plus loin dans la recherche de la liberté et de la justice. Le psaume est aussi un appel à davantage de justice, de respect, de défense des petits et des faibles : « Le Seigneur redresse les accablés ». C’est sur ce chemin de vérité sur la nature humaine, sur la complexité de la vie que Dieu nous conduit inlassablement. Le contenu de l’Alliance nous est rappelé par Amos, par le psalmiste : Dieu protège le peuple qui l’écoute en avançant toujours plus loin sur le chemin de la liberté et de la justice. Voici le contrat en quelque sorte : protection de Dieu contre recherche humaine de la justice et du service des plus petits.

Chers amis, nous sommes rassemblés dans cette église, ce matin, pour faire comme le psalmiste, rendre grâce à Dieu qui nous donne la vigne, le vin, fruit de votre travail, de votre amour, de votre patience, le vin qui réjouit le cœur de l’homme, qui nous donne le sens de la fête, des retrouvailles, du partage de la joie et de la paix entre nous. Nous avons raison et que notre fête n’oublie pas Lazare !

Le livre d’Amos nous montre qu’Israël n’a pas toujours été fidèle à l’Alliance, n’a pas compris que sa seule sécurité réside dans la fidélité à Dieu et que cette fidélité ne se limite pas à des exercices de piété, mais qu’elle engage ! Les contemporains d’Amos ne l’écouteront pas et apprendront à leurs dépens les conséquences de leur comportement ! « Couchés sur des lits d’ivoire … ils ne se soucient guère du désastre qui menace Israël », ce désastre se produira quelques années plus tard lorsqu’ils seront écrasés par les Assyriens et déportés.

Nous soucions-nous de ce qui menace notre Eglise, notre société, notre pays ?

La foi est un combat qui appelle le chrétien au courage

Saint-Paul dans la lettre à Timothée l’exprime très clairement : « Toi, l’homme de Dieu, continue à bien te battre pour la foi, c’est pour elle que tu as été capable d’une si belle affirmation de ta foi devant de nombreux témoins ». L’apôtre précise de quelle manière il faut livrer ce combat : avec persévérance et douceur et rappelons-nous qu’à l’époque de Paul le baptême est célébré en présence de toute la communauté et que le baptisé professe sa foi publiquement ! Nous sommes loin de nos schémas d’une société sécularisée qui réserve à l’expression de la foi des espaces et des horaires et qui interdit toute manifestation de foi dans d’autres lieux ou la règlemente de telle manière qu’il est impossible de partager sa foi. Prenons l’exemple de nos écoles, collèges, lycées et tant d’autres lieux… Comme si Dieu était un danger pour l’homme ! Ne soyons pas comme les contemporains du prophète Amos qui, endormis par leur confort, vivaient au jour le jour. N’ayons pas peur de nous battre pour la foi, parce que c’est se battre pour l’homme, pour sa dignité, lui qui est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu ; c’est se battre pour la protection de la création qui est notre bien le plus précieux à tous, notre maison commune, c’est se battre pour l’avenir, pour nos enfants ! Ne soyons pas comme les contemporains du prophète Amos qui vivaient au jour le jour, endormis par leur confort.

L’homme qui cherche Dieu est appelé à la sainteté !

Cet extrait de la lettre à Timothée est encadré par deux textes qui évoquent deux dangers pour l’homme de foi : les fausses doctrines et la recherche des richesse. Nous le constatons facilement, la parole de Dieu en ce jour de fête (le livre d’Amos, le psaume 145, l’évangile selon Saint-Luc) nous place devant le défi de notre mission de Baptisé, d’homme de foi ! L’homme riche de l’évangile dont nous ignorons le nom est dans sa tour d’ivoire, habillé de pourpre, de lin (vêtement des prêtres et du grand prêtre). Le pauvre Lazare est dehors, devant sa porte et les chiens, animaux impurs, viennent lécher ses plaies ! Le riche ne fait pas de mal, mais il ne fait pas de bien. Il ne voit même pas le pauvre devant sa porte. Jésus ne calcule pas les mérites et les bonnes actions dans l’évangile de ce jour, il fait un constat. Il y a un riche et un pauvre que le riche n’a même pas vu !

Paul dans la lettre à Timothée nous parle de l’avenir dans un bel hymne à la gloire de Dieu : « Garde le commandement du Seigneur en demeurant irréprochable et droit jusqu’au moment où se manifestera notre Seigneur Jésus-Christ », l’évangile nous dit que le riche et ses frères n’ont pas écouté et n’écouteront pas les prophètes. Ce message adressé aux contemporains de Jésus est valable pour nous : N’attendons pas des signes extraordinaires pour prendre conscience que nous avons à préparer l’avenir, que nous ne pouvons pas nous contenter de vivre au jour le jour, nous avons la parole de Dieu, les prophètes, l’évangile, l’église qui est notre grande famille, l’eucharistie, le sacrement du pardon et tant d’opportunités de faire le bien chaque jour. Alors, même si nous avons la chance de vivre dans un pays qui garantit un minimum vital aux citoyens, qui dispose d’un arsenal de lois sociales, ouvrons les yeux et sachons repérer Lazare au coin de la rue ou dans tel pays du monde. N’oublions pas la miséricorde, elle est le bon complément de la justice des hommes ; Si nous en vivons, alors nous serons, comme le dit Saint-Paul des hommes et des femmes de Dieu parce que nous serons des chrétiens courageux qui n’ont pas honte du Christ en public et des chrétiens dont la vie est cohérente parce qu’ils n’oublient pas Lazare ! Si nous le faisons, nous ne serons plus le riche de l’évangile, le Seigneur nous appellera par notre nom parce que nous aurons compris que nous ne sommes pas appelés à la perfection, mais que nous sommes appelés à la sainteté ! C’est plus facile et c’est possible avec la grâce que Dieu nous à chacun d’entre nous.

Bonne fête à chacun, que notre cœur se réjouisse avec Lazare à la dégustation du bon vin nouveau !


+Georges Colomb, évêques de La Rochelle et Saintes
Le 29/09/2019