Homélie de Mgr Georges Colomb 20/10/2019


Homélie du dimanche 20 octobre 2019 – Exode 17,8-13 ; psaume 120 ; Timothée 3,14- 4,2) ; Evangile Saint-Luc 18,1-8

La foi, source de vie

Le récit de l’Exode nous rapportant le combat entre les Amalécites, tribu du Négev et le peuple élu se concentre sur la relation entre le peuple et son Dieu à l’occasion de cette première bataille. C’est l’épreuve du feu et surtout celle de la foi d’Israël. Le bâton que Moïse tient à la main n’est pas magique !  Si c’était le cas, Moïse ne se tiendrait pas en prière. Ce bâton levé est devenu un symbole. Le récit biblique parle très peu de la bataille, il nous montre l’essentiel, la présence de Dieu. Lorsque Moïse abandonne son poste de prière, Josué perd ses moyens. C’est clair, tout repose sur l’action de Dieu ! Chers amis confirmands, sachez le, la prière n’est pas du temps perdu, c’est une source de force, de lumière dans votre vie avec l’esprit saint que vous allez recevoir. Prenez le temps de vous retrouver avec le Seigneur, seul en prière ou en communauté comme nous le faisons chaque dimanche, les deux formes de prière sont complémentaires.

Le psalmiste insiste sur la protection de Dieu lors de la montée vers Jérusalem, pour le pèlerinage qui est un élément important de la piété juive. Ce psaume 120 est un chant de confiance pour tout croyant dont la vie est un pèlerinage sur la terre : « Le Seigneur ta gardera de tout mal, il gardera ta vie… Le Seigneur te gardera au départ et au retour, maintenant  et à jamais ». Depuis le matin de Pâques, ce retour dont parle le psaume, nous l’appelons de ce mot qui nous remplit d’espérance : résurrection. Sachez que vous pouvez compter sur la protection divine, notez qu’elle ne prend pas toujours la forme que nous pouvons imaginer ! Nos amis parfois nous interpellent « Si Dieu existait, il n’y aurait pas tel accident, tel typhon, tel tremblement de terre.. ». Dans l’évangile que nous venons de lire, Jésus pose cette question : « le Fils de l’homme quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? ». Jésus se présente comme le Fils de l’homme, c’est lui qui permet la venue du royaume de Dieu, mais de même que Josué livrait un combat difficile contre les Amalécites, nous devons lutter, car la foi est un combat, il ne faut pas baisser les bras ! L’exemple de la veuve que nous donne Jésus est très parlant. Ne sommes-nous pas aussi démunis qu’elle à certains égards dans notre quête de sens ? Alors soyons aussi persévérants qu’elle ! Ne cessons pas de frapper à la porte de la foi, à la porte de l’Eglise et entrons car c’est la porte du bonheur !

L’importance de l’Ecriture et de la proclamation courageuse de notre foi

Dimanche dernier, la lettre à Timothée était un hymne en l’honneur du Christ, aujourd’hui ce passage de la lettre à Timothée que nous venons de lire est un hymne en l’honneur de l’Ecriture que nous appelons l’Ancien testament. Nous avons perçu, dimanche dernier, un conflit persistant dans la communauté d’Ephèse où réside Timothée. C’est en raison de ce conflit que Paul a demandé à Timothée de rester dans cette ville car il faut pouvoir compter sur des fidèles gardiens de la Parole « toi, tu dois en rester à ce qu’on t’a enseigné ». Nous comprenons, à la lecture de cette lettre, que d’autres croyants ne sont pas restés fidèles à l’enseignement reçu, le message de Paul à Timothée est donc simple :

  • il faut se ressourcer en méditant la parole de Dieu
  • il faut proclamer cette parole
  • il faut le faire avec le souci d’édifier la communauté

La foi, nous le comprenons, chers amis confirmands, n’est pas un objet qu’on possède, c’est un milieu vital, une demeure de vie au sens où l’évangéliste Saint-Jean parle de demeure. Saint-Paul insiste sur l’aspect communautaire de l’accès à l’Ecriture. On ne découvre pas l’Ecriture tout seul, mais en Eglise ; Timothée, né de mère juive, a été familiarisé  avec l’Ecriture dès son jeune âge : « Depuis ton plus jeune âge, tu connais les textes sacrés ». Saint-Paul rappelle que l’Ancien Testament (les textes sacrés) a le pouvoir de communiquer la sagesse, celle qui conduit au salut par la foi que nous avons en Jésus Christ. On se souvient que, au cours de son procès à Jérusalem, Paul soutenait que si l’on est juif, on ne peut que devenir chrétien. Dans cette lettre, il insiste pour faire comprendre que l’équipement du croyant, c’est l’Ecriture et la tradition pour être capable de transmettre à son tour et pour cela, Paul conseille à Timothée d’oser proclamer la Parole. L’enjeu est très important, la lettre de Paul nous le fait comprendre : « je te le demande solennellement, au nom de sa manifestation et de son règne, proclame la parole… ». Pour cela, Paul rappelle que le chrétien doit être courageux : « Interviens à temps et à contre – temps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage ». Il doit l’être en ayant le souci d’édifier la communauté en l’instruisant avec une grande patience.  

Vous mesurez, chers amis confirmands, combien l’esprit saint, esprit de force, de discernement, dont les fruits sont innombrables, vous sera précieux. Il l’est pour chacun des disciples du Christ que nous sommes ici rassemblés ce dimanche matin, tout particulièrement pour vous, qui recevrez le sacrement de la confirmation dans quelques minutes. Pourquoi l’est-il ? Et bien parce que vous avez et vous aurez des choix à faire, des choix très importants en raison de votre âge qui est celui de la préparation de votre avenir, car il y a un temps pour tout dans la vie, comme nous le rappelle le livre de la Sagesse. Le temps qui est le vôtre est celui des grands choix pour votre formation scolaire, professionnelle… Dans quelques années, vous aurez aussi à construire votre vie conjugale, familiale, de telle manière qu’elle soit solide, fidèle, qu’elle soit source de bonheur pour tous les membres de votre future famille. L’esprit de conseil et de discernement vous y aidera. Prenez le temps de vivre en chrétien, ne vous contentez pas du sport, bien nécessaire pour votre croissance physique, des  études indispensables pour votre formation intellectuelle et professionnelle. Sachez que vous avez une âme, vous n’êtes pas des robots. On apprend beaucoup de choses à l’école, notamment à réussir dans la vie, à avoir un statut dans la société, c’est nécessaire. En Eglise, avec le Seigneur pour maître, on apprend à réussir sa vie ! Bonne route sur ce chemin du bonheur !  

+ Georges Colomb, évêque de La Rochelle et Saintes
Le 20 octobre 2019