Homélie de Mgr Georges Colomb 15/12/2019


Isaïe 35, 1-6a.10    Psaume 145    Lettre de Saint-Jacques 5,7-10   Evangile ST-Matthieu 11,2-11

Invités à la joie

Ce troisième dimanche du temps de l’avent, appelé dimanche de Gaudete nous invite dès les premiers mots de la messe à nous réjouir (Soyez dans la joie du Seigneur, il est proche). Et c’est pour cette raison qu’il est l’un des deux dimanches de l’année liturgique où la couleur de l’ornement du prêtre peut être le rose, couleur qui symbolise cette joie. L’avent, vous le savez, est, comme le carême, un temps de pénitence qui nous permet de nous préparer à une grande fête en se recentrant sur l’essentiel : la venue de notre Seigneur. Toutefois, c’est un temps de pénitence joyeuse car nous attendons ce grand événement : l’Incarnation du verbe, la venue de Jésus dans le monde. Soyons donc nous aussi dans la joie : le Seigneur est proche !

            Lorsque nous nous tournons vers la crèche, nous pouvons toucher du doigt cette joie car, bien sûr, nous y voyons l’image pleine de consolation de la sainte famille, mais nous remarquons qu’elle n’est pas au complet. La sainte Vierge et Saint Joseph sont dans l’attente, l’attente joyeuse de la venue du messie. Mettons-nous donc dans les mêmes dispositions que la sainte famille. La crèche peut aussi symboliser notre cœur qui est dans l’attente d’une joie plus grande que seul Dieu peut venir combler. Une joie qui ne passera pas, qui n’est pas celle du monde et qui se poursuivra et trouvera sa plénitude au ciel. Cette joie, nous en percevons déjà les prémices aujourd’hui, elle se fera plus grande encore à Noël.

L’attente joyeuse pour préparer la venue du Seigneur dans nos coeurs

Cette joie est aussi celle de Saint Jean Baptiste qui attend la venue du Messie et envoie ses disciples pour s’en assurer. Le précurseur nous enseigne à préparer la venue du Seigneur, ce qu’il a fait lui-même. Il nous faut, plus qu’à tout autre moment de l’année, nous efforcer d’accomplir cette préparation en nos cœurs afin de l’accueillir largement, de lui faire de la place.

            Afin de nous préparer correctement, nous savons que Dieu ne nous demande rien d’extraordinaire. Il nous invite à vivre en accord avec ses commandements et ses enseignements. Vivre en accord avec la parole de Dieu : voilà un moyen simple et efficace de préparer sa venue. Préparer la venue du Seigneur c’est aussi faire silence. Le silence, nous le retrouvons souvent en ces jours : le silence du désert, le silence de la nativité. Finalement, c’est comme si l’Eglise nous invitait au silence afin de pouvoir entendre Dieu à l’image des bergers. Il nous faut donc faire silence en nos cœurs en y retirant une multitude de préoccupations afin de pouvoir méditer plus profondément sur ce grand mystère de l’Incarnation et accueillir Dieu parmi nous. Faire silence est un devoir pour ne pas laisser le brouhaha prendre la place du message divin ; faire silence est nécessaire pour ne pas s’attarder à des bavardages superficiels et laisser toute sa place à la parole de Dieu, à la parole des hommes qui nous rendent visite et attendent, des chrétiens que nous sommes, une réponse sur toutes sortes de sujets.

Une attente missionnaire

            La figure de St Jean Baptiste est intéressante car il est profondément missionnaire. Il commence sa prédication par la prière car il n’y a pas d’apostolat efficace et durable sans elle. Il reçoit une mission de Dieu et il l’accomplit jusqu’au bout. C’est un passionné de Dieu et il attend la venue du messie qu’il annonce. Il prépare les âmes à cette venue. C’est d’abord l’amour du Christ qui anime le missionnaire, on ne peut s’empêcher de témoigner de cet amour, il est trop grand, on ne peut le garder égoïstement pour soi-même. Etre envoyé en mission c’est, chacun à sa place, désirer faire connaître Jésus, le faire aimer,  comme nous l’aimons nous même, et mettre cet amour en acte de la façon voulue par Dieu pour nous. Dans l’évangile de ce jour, Jésus ne répond pas à la question de Jean-Baptiste sur son identité, il dit aux envoyés du prophète « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles retrouvent la vue et les boiteux marchent.. Les pauvres reçoivent la bonne nouvelle ». C’est un message qui nous est adressé à nous tous, disciples-missionnaires, tout spécialement à vous chers amis qui êtes envoyés en mission aujourd’hui. La réponse que le Seigneur attend que vous fassiez à l’Eglise, c’est celle qu’il fit lui-même aux envoyés de Jean ! Ce n’est pas votre identité, votre carte de visite qui compte, c’est ce que vous ferez pour que le messie, le sauveur du monde, soit annoncé à tous ceux que vous rencontrez ! L’Eglise envoie en mission après avoir discerné, à travers la richesse des dons fait à chacun par Dieu, le service que nous pouvons rendre pour lui rendre grâce. C’est ce que je vais faire dans quelques instants en envoyant en mission les cinq frères et sœurs de l’équipe pastorale de la paroisse. Votre mission à vous aussi sera de préparer les cœurs à respirer au rythme du cœur de Jésus, à préparer les esprits au message divin. Faites le avec l’humilité du Baptiste qui ne parle pas de lui, mais de Jésus.

Frères et sœurs, demandons à la Sainte Famille et à Saint Jean-Baptiste de nous faire désirer l’avènement du Seigneur et d’être des témoins toujours fidèles de cet amour qui nous anime. Ainsi soit-il !

+Mgr Georges Colomb
évêque de La Rochelle et Saintes