Ben Sirac le sage 3, 17-18. 20, 28-29. Psaume 67. Hébreux 12, 18-19. 22-24a
Saint-Luc 14, 1. 7-14

1) l’humilité, chemin de connaissance, chemin de bonheur
2) le bonheur, c’est la condition de l’homme libéré des servitudes

Le livre de Ben Sirach le sage nous parle de la sagesse. Quand on dit sagesse dans la bible, on veut dire l’art d’étre heureux…Nous pouvons nous interroger sur le bonheur auquel nous aspirons, le bonheur que nous recherchons… A quoi ressemble-t-il ?

Ben Sirach, au deuxième siècle avant J.C. , ouvrit une école que nous appellerions aujourd’hui école de théologie. Le chapitre 51 du Siracide y fait allusion “Venez à moi, gens sans instruction, installez-vous à mon école…”. Nous voyons bien quelle manifestation peut prendre l’humilité. Il faut ouvrir l’oreille, écouter les conseils, les consignes, les commandements. Combien notre société civile ne gagnerait-elle pas à s’inspirer de cette sagesse biblique ? Et chacun d’entre nous… ?

La Letre aux Hébreux nous montre les juifs devenus chrétiens qui découvrent en Jésus le vrai visage du père. Ils ne sont pas des esclaves, ils sont des fils !….Chemin de connaissance, chemin de bonheur… La connaissance du vrai dieu est un chemin de bonheur ; la superstition et les phénomènes sectaires sont le fruit de l’ignorance…
Dans l’évangile de Saint-Luc, nous trouvons souvent des scènes de repas. Le texte que nous lisons aujourd’hui nous montre un repas chez un pharisien que Luc situe un jour de sabbat. Shabbat en hébreu, c’est la cessation de toute activité, c’est un jour de fête ( fête de la création, fête de la libération du peuple tiré d’Egypte). Toutefois, le respect des prescriptions avait occulté, chez certains, l’essentiel, la charité fraternelle. Les relations entre Jésus et les pharisiens sont faites de sympathie et de sévérité ( sympathie parce qu’ils sont fidèles à la Loi et ne se compromettent pas avec le pouvoir romain ; sévérité, parce que la rigueur de l’obéissance peut engendrer une trop bonne conscience et rendre méprisant pour ceux qui n’en font pas autant !)…

Le bonheur, c’est la condition de l’homme libéré des servitudes.

Le psaume exprime la joie du peuple ( la danse de David lors du transfert de l’arche à Jerusalem, la joie du peuple libéré d’Egypte). Nous savons bien aussi que toute allusion à la libération vise non seulement la première libération ( la sortie d’Egypte), mais aussi le retour de l’exil à Babylone et encore toutes les autres libérations, c’est-à-dire chaque fois que les individus ou le peuple entier progressent vers plus de justice et de liberté.
Nous chétiens, pensons a la résurrection du Christ et à la nôtre ( De quelle libération avons-nous besoin ?). Le propos de Jésus vise à ouvrir les yeux des pharisiens et les nôtres :

  • trop de contentement de soi peut conduire à l’aveuglement
  • la conversion qui conduit au royaume n’est possible que si l’homme se reconnaît faible devant Dieu
  • les pharisiens risuqent d’être fort loin de l’accueil des pauvres et des estropiés qui est le signe principal du royaume. Jésus veut ouvrir les yeux des pharisiens et ceux de chacun d’entre nous sur le monde, sur nous-mêmes !
  • Georges Colomb
    Évêque de La Rochelle