Mgr Colomb bénit des vélos à l’occasion du passage du Tour de France en Charente-Maritime

Publié le 7 septembre 2020

“L’esprit sportif authentique n’est jamais opposé à l’Evangile”, a souligné Mgr Georges Colomb, évêque de La Rochelle et Saintes, dans une homélie prononcée le 8 septembre 2020 lors de la bénédiction des vélos que le diocèse organisait à l’occasion du passage du Tour de France en Charente-Maritime. La célébration eucharistique se tenait en l’église Sainte-Madeleine de Châtelaillon-Plage, en présence de M. Jean-Louis Léonard, le précédent maire de cette commune, et de nombreux fidèles. Certains d’entre eux avaient apporté leur vélo tandis que d’autres étaient venus avec leur équipement de cyclisme.

Aucune réalité humaine n’est étrangère à l’Eglise. Partout où des hommes travaillent, luttent, combattent, l’Eglise est à leur côté pour témoigner de la présence de Dieu au cœur du monde.

Le sport en général et le cyclisme en particulier, par la place donnée au sens de l’effort, à l’esprit d’équipe, au courage, à l’endurance et à la persévérance, par l’importance qu’il revêt aussi dans la formation de la jeunesse, et dans les loisirs de tous, intéresse l’Eglise car il met l’homme au cœur de ses préoccupations.

Pour le pape François, “la pratique sportive stimule un sain dépassement de soi et de ses propres égoïsmes, elle entraîne à l’esprit de sacrifice et si on la conçoit correctement, elle favorise la loyauté dans les rapports interpersonnels, l’amitié, le respect des règles” (discours devant les délégués des Comités Olympiques européens 23 novembre 2013).

L’esprit sportif authentique n’est jamais opposé à l’évangile. Entraînant le corps, il ouvre l’âme à la vie de foi, à la vie spirituelle.

L’Evangile et la compétition 

Dans le sport, l’adversaire n’est jamais un ennemi. Le vaincre sans l’humilier voilà ce qui me permet de me découvrir, de découvrir ma force et mes limites, de même que celles de l’adversaire, de me vaincre moi-même autant que de vaincre l’autre. C’est sans aucun doute ainsi que l”apôtre Paul, celui-là même qui porta la Bonne Nouvelle de l’évangile aux nations, concevait la course qui le portait au-devant des hommes de son temps dans l’espérance de les rallier au Christ….

Paul a souvent utilisé la figure de l’athlète pour dépeindre les efforts du croyant pour rejoindre Dieu et pour l’annoncer aux hommes. Il savait que pour participer et plus encore pour vaincre, il faut s’imposer une discipline sévère, sacrifier tout ce qui n’est pas utile pour atteindre son objectif. La course de Paul c’était pour l’annonce de la Bonne Nouvelle de l’Evangile. Son combat, c’était celui de la foi et ce qu’il craignait par-dessus tout c’était d’achever sa vie sans avoir eu le temps de sauver tous ceux qui pouvaient l’être. Il était prêt à livrer le combat de la foi à tout moment, s’étant longuement préparé, entraîné, se donnant toujours avec générosité et courage, il était prêt, corps et âme…

Vers la vie spirituelle

Le sport est ouverture à l’autre. Il favorise les échanges, le partage, la prise de conscience de soi même, de l’autre et du monde qui nous entoure. Vous traversez la France. Sur votre route, au milieu de paysages parfois sublimes, parfois ordinaires, vous croisez des milliers de gens, de toute condition, de toute origine, venus vous applaudir. Chacun d’eux a un visage. Chacun d’eux est connu et aimé de Dieu, comme vous l’êtes vous-mêmes. Ces hommes, ces femmes, ces enfants, attendent quelque chose de vous.

Bien sûr l’attente qui pèse sur vos épaules n’a rien de comparable avec celle de la foule qui suivait Jésus. Pourtant, ils attendent bien de vous, sans peut être en avoir pleinement conscience,  que vous montriez un chemin, que vous ouvriez une voie. Vous dites à ces personnes : oui, l’effort a du sens, oui, il est bon de se dépasser, oui, il est bon de se connaître, de connaître ses limites, pour s’ouvrir à la vérité de notre être profond.

A tous, vous donnez l’exemple du courage. Vous rappelez la valeur de l’effort et vous dites qu’il est possible d’atteindre la joie et la plénitude. C’est votre manière à vous de célébrer la beauté du monde, de dire la valeur de l’œuvre de Dieu dans nos vies. Se dépasser, c’est d’une certaine manière ouvrir une voie vers l’infini, dégager un horizon, déchirer le rideau de la morosité, de la résignation, du désespoir.

Au-delà de soi, au-delà de nous, au-delà de toutes nos limites et contingences, quelqu’un nous attend. Quelqu’un qui humblement est allé à la rencontre de l’humanité monté sur le petit d’une ânesse, lui qui était le Verbe de vie, pour verser son sang pour le salut des hommes. Il nous ouvre la victoire sur la mort et le péché. Cette victoire, personne ne peut nous la ravir à condition que nous tenions bon dans la course vers le royaume…

Au cours de la célébration eucharistique, les fidèles ont prié pour les coureurs du Tour de France mais également pour la Création ou encore les personnes mobilisées par cet événement :

Le tour de France réunit des coureurs du monde entier. En cela, il est aussi une belle image de l’universalité. Nous Te prions Seigneur pour l’entente entre les peuples. Sachons être artisans de Ta Paix et construisons ensemble l’humanité fraternelle et universelle à laquelle Tu nous invites.

Le Tour de France, ce sont des équipes solidaires forgées dans l’effort, l’entraide, la ténacité et le soutien réciproque. Nous Te prions Seigneur, que dans nos vies nous soyons des athlètes de Dieu, solidaires et unis en Eglise, sprinter de la Bonne Nouvelle, témoins audacieux de l’Amour donné et reçu en Ton fils.

Le Tour de France, c’est la beauté de la création et de la Nature par de multiples paysages traversés et mis en valeur. Nous Te prions Seigneur pour le respect de la Création, sa valorisation, la prise en compte de la Nature et de nos façons d’agir sur l’évolution de la planète. Que là où nous sommes, nous soyons les jardiniers du monde, protégeant, entretenant, respectant cette Terre que Tu nous confies.

Le Tour de France, ce sont des milliers de professionnels mobilisés : sportifs, personnels techniques, employés municipaux, policiers, hôteliers, journalistes…. Seigneur, nous Te prions pour les professionnels du Tourisme, que dans cette période de crise sanitaire, ils trouvent le soutien économique et humain nécessaires à la promotion d’un tourisme responsable, dans le plein respect de l’environnement et des cultures.