Jonzac : “On constate que la pratique religieuse a diminué”

Publié le 23 février 2021

Rencontre avec Ferdinand Sambou, le nouveau curé de la ville et “curé doyen” de la Haute-Saintonge, entre crise sanitaire, réseaux sociaux et participation à la vie ecclésiastique. À 45 ans, Ferdinand Sambou vient d’être nommé curé de Jonzac après avoir été, pendant deux années, aux côtés des paroissiens de Mirambeau et Saint-Genis-de-Saintonge, en Charente-Maritime.

« Sud Ouest » Vous venez d’être nommé curé de Jonzac. Qu’est-ce que cela signifie ?

Ferdinand Sambou J’assure une charge pastorale auprès des chrétiens mais aussi de tous ceux qui voudraient rencontrer un prêtre et qui ont besoin d’écoute. J’assure les eucharisties et les autres sacrements, l’accompagnement des familles endeuillées, les célébrations des obsèques ainsi que les mariages, les baptêmes et toutes les missions liées à la vie de l’Église.

Quel est votre parcours ?

J’ai fait le séminaire au Sénégal. Après le Bac, j’ai suivi sept ans de formation. Ordonné prêtre le 28 juin 2003, j’ai assuré plusieurs charges dans mon diocèse, d’abord comme accompagnateur spirituel, puis vicaire de paroisse pendant trois ans. J’ai ensuite administré une paroisse au Nord du Sénégal pendant deux ans et j’ai été nommé directeur du séminaire pour trois ans. Je suis ensuite devenu curé de la cathédrale Saint-Louis de Saint-Louis-du-Sénégal pendant six ans avant de venir ici, en France.

Pourquoi avoir choisi la France ?

Le diocèse de La Rochelle avait besoin de prêtres. Et après quinze ans de ministère, j’avais envie d’une nouvelle expérience missionnaire. J’ai accepté avec beaucoup de joie de venir en mission en France. Je connaissais ce pays depuis les années 2005 car je venais souvent dans le Sud.

Quand avez-vous découvert la Haute Saintonge ?

Je suis arrivé en août 2018. J’ai été envoyé en mission « Fidéi donum » (« Le don de la foi », NDLR) ici en Charente-Maritime, dans les paroisses de Mirambeau et Saint-Genis-de-Saintonge jusqu’en décembre 2020. En même temps, j’ai administré pendant un peu plus d’une année la paroisse de Jonzac à la suite du départ du Père Grégoire. Puis à partir de septembre dernier, l’évêque m’a nommé curé de Jonzac en plus des deux paroisses. Maintenant, depuis le mois de décembre, je m’occupe uniquement de la paroisse de Jonzac. C’est le Père Massimiliano qui est en charge de Mirambeau et Saint-Genis-de-Saintonge. Je suis aussi devenu « curé doyen » de toute la Haute Saintonge, c’est-à-dire que j’ai un rôle de modérateur de toutes les paroisses.

On dit que le nombre de paroissiens baisse d’année en année…

C’est très relatif. On constate que la pratique religieuse a diminué. Mais entre la foi et la pratique, on ne peut pas faire une évaluation exhaustive. Ce n’est pas le fait de venir à l’église qui fait le chrétien. Bien sûr on aimerait que les gens participent à la vie ecclésiastique, viennent aux messes. Ici, à Jonzac, les messes sont bien suivies : le mercredi, le vendredi et surtout le dimanche. Et puis il y a les restrictions sanitaires liées au virus qui font que les gens ne sortent plus beaucoup.

Quel regard portez-vous sur les réseaux sociaux ?

Personnellement, je n’utilise pas les réseaux sociaux pour célébrer la messe… Mais je les utilise pour transmettre des messages, une lettre aux paroissiens ou encore les homélies du dimanche. On ne peut pas occulter que les « NTIC » (Nouvelles technologie d’information et de communication, NDLR), comme on dit, sont importantes dans la communication d’aujourd’hui.

Source : Sud Ouest