Homélie donnée par Mgr Colomb pour le 4e dimanche de Carême

Publié le 25 mars 2020

Homélie du dimanche 22 mars 2020 – 4ème dimanche de carême

Samuel 16, 1b.6-7 10-13a   // Psaume 22    //  Ephésiens 5,8-14    //    Saint-Jean 9,1-41

Jeté dehors !

C’est ce qui est arrivé à l’aveugle de naissance ! Jeté dehors, parce que guéri par le Seigneur, parce que l’ordre public religieux ne pouvait accepter cette guérison un jour de sabbat, parce que cet ordre ne pouvait pas reconnaître le Seigneur, le sauveur !

Notre salut n’a-t-il pas commencé avec notre Seigneur, avec Jésus qui, lui-même, a été jeté dehors, exclu, crucifié. Lui, le premier envoyé, est rejoint par celui qu’il a envoyé se laver à la piscine de Siloé, la piscine de l’envoyé !

Alors que les pharisiens mènent leur enquête, interrogeant les uns et les autres, sans oublier les parents de l’aveugle, le Seigneur guérit, il sauve. A notre tour, nous partageons le credo de l’aveugle, nous croyons au Fils de l’homme, nous nous prosternons devant lui, et nous faisons nôtre cette parole du psalmiste « Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi ».

Jeté dedans !

Chers frères et sœurs, en cette période de pandémie, nous sommes jetés dedans et c’est une bonne chose, c’est le meilleur service que nous puissions rendre à ceux qui luttent courageusement pour relever ce défi médical qui nous est adressé.

Le Seigneur est avec nous, quel que soit le lieu où nous nous trouvons, et il nous ouvre les yeux à nous aussi, avec de la boue, avec la terre du potier, il veut faire de nous des créatures nouvelles car le Seigneur ne regarde pas l’apparence, comme le font les hommes. Il regarde la réalité ! Cette réalité humaine, médicale, environnementale, sociale, économique est bien triste, elle est même affligeante. Elle était visible, hier, sur d’autres continents, elle l’est aujourd’hui en Europe, en France. Elle nous fait découvrir notre fragilité, notre dépendance et par conséquent, la force dont nous avons besoin, la force de l’esprit, la solidarité dont nous avons besoin et qui porte le bon nom de fraternité des enfants de Dieu.

Le Pape François nous a réveillé. Dans son encyclique Laudato Si, il nous rappelle que tout est lié, tout est dépendant, l’économie, la vie sociale, la protection de la nature ! Il nous invite à changer notre regard sur la marche de l’humanité pour qu’elle avance vers un développement harmonieux que l’Eglise appelle le développement intégral !

Alors que nous sommes fortement invités, à juste titre, à rester dedans, profitons de ce temps pour nous réveiller : «Réveille-toi, o toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera ». Chers frères et sœurs, n’est-ce pas notre mission ardente aujourd’hui, à la suite des Ephésiens, d’entendre cette invitation « Dans le Seigneur, vous êtes lumière, conduisez-vous comme des enfants de lumière ».

Demandons la grâce au Seigneur de vivre ce temps de carême exceptionnel pour changer notre cœur, pour changer notre regard sur nos frères, sur le monde, afin de nous laisser façonner par Jésus et de voir clair. Nous pourrons alors être envoyé dehors en enfant de lumière ! 

+ Georges Colomb

Évêque de La Rochelle et Saintes