Homélie donnée par Mgr Colomb pour la messe de la Sainte Trinité

Publié le 11 juin 2017

Extraits de l’homélie pour la messe de la Sainte Trinité, dimanche 11 juin 2017

 

1) Fidélité

Dieu plein d’amour et de fidélité ( l’un des grands thèmes du livre du Deutéronome) se nomme lui-même “le Seigneur tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité” dans le livre de l’Exode que nous venons de lire. Dieu passe devant Moïse pour libérer son peuple.

Chers frères et soeurs, vous l’avez entendu dans cette première lecture. L’homme n’a pas inventé Dieu, c’est lui qui s’est révélé à nous et cela depuis Moïse. Il l’a fait pour un peuple à la nuque raide, un peuple récalcitrant dans lequel nous pouvons nous retrouver. Il l’a fait parce qu’il est le dieu plein d’amour et de fidélité. C’est la fidélité d’un dieu qui est amour. Cela ne nous surprend pas. Fidélité jusqu’à vouloir nous libérer de toutes sortes d’addictions comme il a libéré Israël de l’esclavage et c’est pourquoi il peut nous a dire ” Soyez dans la joie !”. Fidélité dans l’envoi de son Fils unique, fidélité dans l’envoi de l’esprit. Fidélité dont vous êtes les heureux bénéficiaires, chez amis qui allez recevoir le sacrement de la confirmation, qui allez recevoir l’Esprit saint.

 2) “Frères. Soyez dans la joie”

Cette invitation de Saint-Paul aux Corinthiens est le fruit du salut que Dieu veut nous apporter. La joie est le sentiment très fort que suscite toute expérience de rédemption. La joie dans l’Ancien Testament est la caractéristique du temps du salut et de la paix. Saint-Paul ajoute : “Soyez dans la paix”, “Soyez d’accord entre vous”. C’est le sens de la paix que nous allons échanger au cours de cette eucharistie. Nous ferons un geste symbolique porteur de sens que le Concile nous a fait retrouver ! Cette joie et cette paix seront en vous, chers amis confirmands, elles sont le fruit de l’esprit de force, l’esprit de consolation, de discernement que vous allez recevoir. Cette joie et cette paix n’ont rien d’ordinaire. Il ne s’agit pas de la joie passagère que nous procure une satisfaction personnelle, il ne s’agit pas de la paix provisoire et fragile que donne la signature d’un traité entre deux pays en guerre. Il s’agit de la paix et de la joie que seul Dieu peut mettre dans le coeur de l’homme.

Fidélité de Dieu, joie de l’homme, paix de l’homme ; nous le voyons, chers frères, Dieu nous fait entrer dans son intimité. Il nous invite à venir réchauffer nos coeurs à ce foyer d’amour qu’est la Trinité. En Dieu nous tenons le pardon, le don du Fils pour nous qui nous invite au don de nous-même. De Dieu nous recevons la bénédiction pour notre vie et la liberté qu’il nous donne de marcher avec lui, de le suivre, d’accueillir son esprit dans la fidélité à l’Alliance !

Dieu nous invite à entrer dans la relation des personnes de la Trinité ( Père, Fils, Esprit). Le fil rouge de cette relation paternelle, de cette relation filiale et amicale, de cette relation spirituelle, c’est la communication amoureuse entre elles pour le salut de l’homme et c’est pourquoi Saint-Paul nous dit : ” La grâce de Jésus, l’amour de Dieu, la communion de l’esprit saint soient toujours avec vous”, salutation qui est reprise par le prêtre au début de la messe, salutation qui est le chemin du salut pour tout homme.

 3) Le salut de Dieu

Le salut offert par Dieu passe par l’envoi du Fils et Saint-Jean nous donne une définition de la vie éternelle. La vie éternelle, c’est la vie de l’esprit en nous. Nous sommes sauvés au sens biblique du terme lorsque nous sommes en paix avec nous, avec les autres, c’est cela vivre en frère des hommes. Il suffit, dit Jésus, de nous tourner vers lui. C’est pourquoi Saint-Jean nous dit (Chapitre 14) : “Qui m’a vu a vu le Père”.

C’est le regard de foi vers Jésus qui nous sauve, c’est l’obéissance au Père qui nous a crées à son image, qui nous sauve. C’est la communion dans l’esprit saint agissant en nous qui nous sauve. Soyons, chers frères et soeurs, les témoins du salut, c’est-à-dire de la plénitude du bonheur que Dieu offre à l’humanité. L’inhabitation des personnes divines en nous sauve l’homme et fait de lui un porteur d’espérance.

+ Georges Colomb