Congrès mission : « nous avons un nouveau langage à apprendre », indique Mgr Colomb

Publié le 30 septembre 2020

Les 25, 26 et 27 septembre derniers se déroulait à Paris le Congrès Mission. Pour cette édition, la rencontre annuelle a rassemblé 2.500 personnes, parmi lesquels se tenaient beaucoup de jeunes. Tout au long de la journée, ce forum de l’évangélisation a été ponctué de conférences, de chants et de rencontres, notamment une avec Mgr Colomb sur la mission ad extra.

Les participants étaient répartis sur plusieurs lieux : Saint-Sulpice, Notre-Dame-des-Champs, Saint-Germain-des-Près ou encore Saint-Joseph-des-Carmes. Cet important rassemblement est notamment l’occasion pour des prêtres et des laïcs de toute la France, engagés dans des équipes pastorales, de se rencontrer d’échanger et de découvrir des mouvements parfois méconnus et pourtant engagés dans les domaines de la pastorale ou du caritatif.

Présent à ce congrès d’évangélisation, Mgr Georges Colomb, évêque du diocèse de La Rochelle mais aussi directeur des Œuvres pontificales missionnaires, a été invité à prendre la parole. Son topo se déroulait dans l’église Saint-Joseph-des-Carmes, un ancien carmel aux abords de l’Institut catholique de Paris. « C’est dans cette église qu’ont eu lieu les massacres de septembre 1792 », a-t-il rappelé, évoquant un lieu chargé d’histoire.

La lente laïcisation de la France

Comment la mission ad extra – c’est-à-dire au-delà de nos frontières – peut-elle influencer la mission ad intra, c’est-à-dire chez nous, dans nos diocèses en France ? Voilà le thème qu’a abordé celui qui a longtemps foulé le sol chinois pour y proclamer l’Evangile. Lors de sa prise de parole, Mgr Colomb a évoqué l’évolution de la société française et sa lente laïcisation. « Des pans entiers du christianisme disparaissent dans cette société très sécularisée », a-t-il déploré.

L’ancien missionnaire des Missions étrangères de Paris parlait en connaissance de cause. Il a montré comment cette sécularisation avait rapproché la ‘Fille aînée de l’Eglise’ des société confucéenne qui ne sont pourtant pas forcément marquées par l’Evangile et par le christianisme. « Nous avons un nouveau langage [à utiliser], a indiqué l’évêque de La Rochelle et Saintes, comme un missionnaire qui arrive dans un nouveau pays doit apprendre le chinois ou le japonais ou une autre langue, pour s’adresser aux jeunes français d’aujourd’hui, auxquels on enseigne une anthropologie bien différente de celle qui était enseignée il y a cinquante ans ».

Comment annoncer le message de l’Evangile à ces jeunes générations qui semblent de plus en plus se détourner de la religion ?, s’est encore interrogé Mgr Colomb. En analysant certains phénomènes de société, l’ancien missionnaire en Chine et désormais responsable du gouvernement pastoral d’un diocèse en France a souligné que « l’on pouvait se retrouver dans son propre pays dans un milieu qui nous était un peu inconnu ». Nous avons besoin d’étudier et d’approfondir pour apprendre le langage des Français du 21e siècle, a-t-il conclu. PAD