L’acte du martyre : le plus parfait des actes de vertu ?

Publié le 24 juin 2020

A l’invitation de Mgr Georges Colomb, évêque de La Rochelle et Saintes, le Père Maroun Badr, prêtre maronite, vicaire à la cathédrale de Fréjus, a célébré une messe dans le rite maronite le 23 juin 2020 à Saint-Sauveur de La Rochelle. Le délégué diocésain de l’Œuvre d‘Orient dans le diocèse de Fréjus-Toulon y a ensuite donné une conférence sur le thème du martyre.

Présidée par le Père Badr, la messe a été concélébrée par Mgr Colomb ainsi que par le Père Laurent Chaumet et Luca Astolfi, tous les deux prêtres du diocèse de La Rochelle et Saintes. Aidés d’un support en arabe et en français, les fidèles ont pu suivre cette célébration dans le rite liturgique de l’Eglise maronite.

Les catholiques maronites constituent l’une des communautés catholiques de rite antiochien syriaque. À ce titre, ils relèvent du Code des canons des Églises orientales (CCEO) de 1990, tandis que les catholiques latins relèvent du Code de droit canonique (CIC) de 1983.

© Diocèse de La Rochelle et Saintes
© Diocèse de La Rochelle et Saintes

Persévérer, tenir bon et accepter avec patience de relever les défis du temps présent. Voici les conseils que Mgr Colomb a donnés lors de son homélie. Les martyrs ne sont pas d’une autre époque : les chrétiens d’Orient nous le rappellent mais aussi ceux de Chine, a encore souligné celui qui a été longtemps missionnaire dans ce pays.

Le gouvernement chinois encourage la délation en invitant la population à dénoncer les chrétiens qui se réunissent pour prier dans des lieux qui ne sont pas reconnus par lui, ainsi déploré Mgr Colomb. Jésus nous donne une seule solution : tenir bon et rester fidèle.”

 Extrait de l’homélie de Mgr Colomb

Après la messe, le Père Badr a enchaîné sur sa conférence sur l’acte du matyre, thème de l’ouvrage qu’il a récemment publié aux éditions Docteur angélique. En s’appuyant sur la somme théologique de saint Thomas d’Aquin, celui qui a été incardiné dans le diocèse de Fréjus-Toulon en 2016 a livré l’interaction des vertus théologales constituant la cause et le motif du martyre chrétien. Sa conférence peut être lue en suivant ce lien.

Compiègne France, 17 juillet 1794, seize carmélites sont guillotinées sur la place de la ville ; Tibhirine Algérie, 21 mai 1996, sept moines trappistes sont assassinés. Faisant un rapprochement entre ces deux événements, et passant par d’autres exemples des premiers siècles, cet ouvrage constitue une étude de l’acte du martyre en s’appuyant sur la question 124 de la Secunda Secundae de la Somme Théologique de saint Thomas d’Aquin. Pour comprendre les particularités du martyre chrétien, l’auteur s’est intéressé d’une part, à la nature de la vérité pour laquelle les martyrs meurent et d’autre part, à l’interaction de certaines vertus dans cet acte ainsi qu’à ses conséquences.

Pour qu’un acte soit qualifié de martyre chrétien, a expliqué le Père Badr, deux conditions sont requises. Le martyre chrétien se définit d’une part par sa cause qui est la foi. On meurt pour la foi et pour la vérité de la foi. Le martyre chrétien se définit d’autre part par son motif : la charité, la plus grande vertu. C’est elle qui donne sens à la mort et aux douleurs endurées.

L’acte du martyre est un acte librement posé, a également souligné le prêtre libanais. La liberté dans le martyre, c’est accepter la mort à l’instant auquel elle se présente, non pas la rechercher. C’est un don de Dieu donné dans la grâce du baptême et au moment des difficultés, cette grâce est à l’œuvre.

© Diocèse de La Rochelle et Saintes
© Diocèse de La Rochelle et Saintes

La conférence était animée par Katia Mikhaël (O.V), déléguée pour notre diocèse de l’Œuvre d’Orient. A noter également la présence du Père Bertrand Renaud, prêtre du diocèse de Luçon et délégué de l’Œuvre d’Orient pour la Vendée et les pays de la Loire.